- Format : 2/3. Appareil photo : Fujifilm X-T3. Focale : f/1.8. Vitesse d'obturation : 1/200 secondes. Distance focale : 56mm. ISO : 400.

Eux.

Elle est là, seule.

La brise soulevant lentement ses cheveux comme le font les vagues avec l’horizon. Ses yeux ne clignent plus sur les lumières de l’aurore, bordés du sel de ces embruns qui s’envolent lentement vers le ciel. Les larmes ont depuis longtemps séché sur les grèves de son visage, une île ombragée où déferlent désormais des sourires. Étincelants et fugaces, comme la foudre d’une nuit d’été.

Il est là, seul.

Son regard couvrant des latitudes différentes de celles qu’elle voit au même instant. Des courbes esquissées sous le toit d’un même monde, ailleurs. Il attend un signe. Se dit qu’au milieu du chaos et par-delà ces montagnes, elle vit. Quelque part où ses yeux ne peuvent encore se poser. Mais où déjà, bat un peu son cœur.

Se croiseront-ils sur les lignes de cette vie ?
Saura-t-il la voir au milieu de tous ces autres ?
Pourra-t-elle le reconnaître dans les couloirs bondés du tumulte ?

Ils sont là, ici et ailleurs.
A la croisée de chemins qui un jour, n’en feront peut-être plus qu’un.

Nota bene.

‘Eux’ est un texte tiré de ‘L’illusion des profondeurs.’

Ce poème évoque la force de croire que quelque part dans le monde, une personne unique et particulière vit déjà. Et que l’on est destiné(e) à croiser la route de cette personne, pour vivre et construire à deux quelque chose de beau, de vrai, de lumineux. Et qu’à deux, il est possible de créer un refuge dans lequel chacun pourrait grandir au contact de l’autre et déverser sur le monde sa lumière.