
- Format : 16/9. Appareil photo : Canon 600D. Focale : f/2.8. Vitesse d'obturation : 1/200 secondes. Distance focale : 50mm. ISO : 400.
Le bruit du monde.
Il est là, tapi à mes pieds.
Le bruit du monde.
Ce ressac incessant,
D’où jaillissent parfois quelques larmes de lumière
Dont le scintillement soudain déchire ces ombres qui dansent.
Elles dansent autour de moi. Autour de nous.
Les ombres noires.
Le regard planté au loin,
Il y a cet horizon vers lequel ne peuvent encore porter les yeux.
Cette ligne suspendue entre ciel et terre.
L’obscurité est insondable mais déjà,
Derrière cette porte entrouverte, filtre une lumière.
L’aube.
Sens-tu le parfum ocre de la terre,
La morsure du froid et cette caresse,
Celle de la brume sous ta main ?
Il y a désormais un mouvement tenace et imperceptible,
Celui des vagues dans mon corps.
Comme la promesse d’un rivage encore invisible.
Et puis là, à la surface, juste au-dessus de l’horizon,
Ce silence impénétrable.
Celui de mes propres cimes.
Cette ligne suspendue entre ciel et terre,
Où brillent les ultimes lumières du crépuscule.
Et naissent peu à peu celles de la nuit.
Je suis prêt.
A partir.
Tu as dit que les lignes de la vie sont comme celles du temps,
Qu’elles se dessinent au fil des couleurs
Que l’on dépose dans nos sillages.
Que derrière nous, on ne laisse finalement
Que les reflets de notre passage,
Et des souvenirs. Comme des cartes postales.
Alors, laisse moi,
Laisse moi me fondre une fois encore, dans le bleu du ciel.
Fermer les yeux, voir au-delà des échos de mes propres peurs.
Et déchirer les voiles pour laisser le vent enfin m’emporter au loin.
Une dernière fois.
Et vivre.
Nota bene.
‘Le bruit du monde’ est un texte tiré de ‘L’illusion des profondeurs.’
Ce poème évoque la force de croire que quelque part dans le monde, une personne unique et particulière vit déjà. Et que l’on est destiné(e) à croiser la route de cette personne, pour vivre et construire à deux quelque chose de beau, de vrai, de lumineux. Et qu’à deux, il est possible de créer un refuge dans lequel chacun pourrait grandir au contact de l’autre et déverser sur le monde sa lumière.
