L'inconnue de la rue Saint-Jean.
Il n’y a jamais eu que l’espace d’un reflet entre nous.
Des silences et des battements de cœur.
Chaque matin, je fermais la porte de chez moi et me glissais dans la rue, avec l’espoir que tu serais là. Le froid tourbillonnait, la neige tombait et le vent fouettait les passants. Mais, je savais que sur les quelques pas qui me séparaient de cette vitre derrière laquelle je t’espérais, je ne ressentirai rien d’autre qu’une douce attente. Celle de pouvoir plonger mon regard dans le tien. Pour un instant suspendu où tout disparaitrait.
J’ai fini par croire que tu choisissais délibérément cette place au comptoir, derrière la fenêtre donnant sur la rue. A seulement quelques centimètres de ce bout de trottoir sur lequel inlassablement, je passais. Je savais que si tu étais là, tu te tiendrais assise à cette place, un café posé à tes côtés et les yeux levés vers moi. Peut-être m’attendais-tu, comme je t’espérais. Et que dans les bruits d’une ville qui s’éveillait, nous avions simplement rendez-vous, au détour de ces quelques secondes.
Jamais nous n’avons échangé le moindre mot. Un sourire une fois, dans la surprise de se croiser autre part que dans l’univers où nous avions pris nos habitudes. Mais, la magie était ailleurs.
Certains regrettent toute leur vie les phrases qu’ils n’ont pas dites, les gestes qu’ils n’ont pas faits ; de nos rendez-vous innocents, je ne garde que le souvenir ému de silences qui valaient mille mots. De regards qui contaient des histoires venues d’autres mondes. Le mystère nimbe-t-il nos souvenirs d’une aura lumineuse quand ils appartiennent à une époque heureuse ? Sûrement. Mais n’en déplaise au temps qui passe, tu resteras à jamais l’une des images les plus douces que j’ai ramenées de ces temps où j’ai vécu au bon endroit, au bon moment, sur les rives du Saint Laurent. Et si j’ai depuis quelque peu perdu le contour de ton visage, les lignes de tes cheveux tombant en cascade sur tes épaules et le dessin de ta silhouette gracile, je garde intacte la trace que tu as laissée en moi. Celle que partagent deux personnes qui se reconnaissent, sur les chemins de la vie.
Alors si un jour, les fils du destin t’emmènent vers ces rivages, sache que ces quelques lignes sont pour toi. L’inconnue de la rue Saint-Jean.

- Format : 2/3. Appareil photo : Canon 600D. Focale : f/5.6.
Vitesse d'obturation : 1/640 secondes. Distance focale : 113mm. ISO : 400.

- Format : 2/3. Appareil photo : Canon 600D. Focale : f/5.6. Vitesse d'obturation : 1/640 secondes. Distance focale : 113mm. ISO : 400.
L'inconnue de la rue Saint-Jean.
Il n’y a jamais eu que l’espace d’un reflet entre nous. Des silences et des battements de cœur.
Chaque matin, je fermais la porte de chez moi et me glissais dans la rue, avec l’espoir que tu serais là. Le froid tourbillonnait, la neige tombait et le vent fouettait les passants. Mais, je savais que sur les quelques pas qui me séparaient de cette vitre derrière laquelle je t’espérais, je ne ressentirai rien d’autre qu’une douce attente. Celle de pouvoir plonger mon regard dans le tien. Pour un instant suspendu où tout disparaitrait.
J’ai fini par croire que tu choisissais délibérément cette place au comptoir, derrière la fenêtre donnant sur la rue. A seulement quelques centimètres de ce bout de trottoir sur lequel inlassablement, je passais. Je savais que si tu étais là, tu te tiendrais assise à cette place, un café posé à tes côtés et les yeux levés vers moi. Peut-être m’attendais-tu, comme je t’espérais. Et que dans les bruits d’une ville qui s’éveillait, nous avions simplement rendez-vous, au détour de ces quelques secondes.
Jamais nous n’avons échangé le moindre mot. Un sourire une fois, dans la surprise de se croiser autre part que dans l’univers où nous avions pris nos habitudes. Mais, la magie était ailleurs.
Certains regrettent toute leur vie les phrases qu’ils n’ont pas dites, les gestes qu’ils n’ont pas faits ; de nos rendez-vous innocents, je ne garde que le souvenir ému de silences qui valaient mille mots. De regards qui contaient des histoires venues d’autres mondes. Le mystère nimbe-t-il nos souvenirs d’une aura lumineuse quand ils appartiennent à une époque heureuse ? Sûrement. Mais n’en déplaise au temps qui passe, tu resteras à jamais l’une des images les plus douces que j’ai ramenées de ces temps où j’ai vécu au bon endroit, au bon moment, sur les rives du Saint Laurent. Et si j’ai depuis quelque peu perdu le contour de ton visage, les lignes de tes cheveux tombant en cascade sur tes épaules et le dessin de ta silhouette gracile, je garde intacte la trace que tu as laissée en moi. Celle que partagent deux personnes qui se reconnaissent, sur les chemins de la vie.
Alors si un jour, les fils du destin t’emmènent vers ces rivages, sache que ces quelques lignes sont pour toi. L’inconnue de la rue Saint-Jean.
